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« Les procédures peuvent devenir un véritable chemin de croix » : mieux comprendre certaines dynamiques familiales pour mieux protéger les enfants

Catherine Pozzi, au nom du collectif des Minimmenses, partage son expérience des séparations parentales conflictuelles et des procédures judiciaires qu’elle estime longues et éprouvantes, et appelle à une meilleure formation des professionnels pour protéger au mieux les enfants.

Photo de Marek Studzinski

« Certains parents sont profondément marqués par le trauma de la séparation.
Ils sont parfois débordés par la colère et la communication devient extrêmement difficile. 

Effectivement, certains parents n’ont pas les outils, ni le langage, ni parfois le parcours personnel ou scolaire qui leur permettrait de rester dans une communication apaisée. Ils sont souvent pris dans une souffrance intense et ne perçoivent pas toujours que les professionnels sont là pour les aider. Cette réalité mérite d’être entendue, accompagnée et soutenue.

Les réalités familiales et judiciaires sont souvent bien plus complexes qu’elles n’apparaissent. La confiance accordée aux audiences et aux tribunaux est compréhensible et nécessaire. Mais, dans la pratique, les procédures sont longues, éprouvantes, et parfois vécues comme un véritable chemin de croix pendant de nombreuses années.

Il arrive que des situations anciennes de précarité, des difficultés passagères ou des impasses ponctuelles soient figées à tort comme des incapacités parentales.
Or, tout parent peut traverser un moment difficile sans être maltraitant.

C'est pourquoi nous espérons qu’une attention particulière sera portée à la formation des juges et des professionnels, notamment sur les mécanismes d’accusation inversée et les profils manipulateurs, qui peuvent conduire à faire passer des victimes pour des personnes fautives. Ces erreurs brisent profondément la confiance et laissent des traces durables, d’abord pour les enfants.

L'idée d'une équipe pluridisciplinaire mérite être creusée. Mais elle ne résoudra pas tout (loyauté entre professionnels en cas d'erreurs non vérifiées).

C'est pourquoi en cas de plainte, une expertise indépendante et permanente serait précieuse, avec écartement du dossier, qui ne serait qu'une permutation et permettrait de poursuivre le travail avec le parent. 

Des formations en communication, notamment en communication non violente, au Service de protection de la jeunesse seraient également utiles et novatrices.

Nous restons convaincus qu’une justice mieux outillée pour discerner le vrai du faux permettrait davantage d’apaisement, de protection réelle des enfants, et renforcerait la confiance en notre démocratie ».

Catherine Pozzi, au nom du collectif des Minimmenses

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