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« Nous ne sommes pas que des élèves, nous sommes humains avant tout » : témoignage collectif des élèves de la province de Luxembourg

Cette parole collective a été récoltée par la Commission Vie scolaire du Conseil provincial des Jeunes de la Province de Luxembourg. Des jeunes conseillers sont allés à la rencontre d’élèves, de la 5e primaire à la 6e secondaire, afin de recueillir leurs préoccupations, leurs constats et leurs propositions concernant la prévention du harcèlement, le climat scolaire et le bien-être à l’école.

Note de la rédaction

Ce témoignage est une parole collective issue de la « Récolte de parole – Climat scolaire 2025-2026 – CPJ 2024-2026 », menée par la Commission Vie scolaire du Conseil provincial des Jeunes de la Province de Luxembourg. Le document original rassemble les contributions de plusieurs groupes d'élèves sous la forme de notes, de constats, de propositions et de citations directes. Afin de rendre cette parole plus accessible au plus grand nombre, nous avons fait le choix de la présenter ici sous la forme d'un témoignage collectif. Ce travail consiste uniquement à organiser les différents éléments en un texte continu, en veillant à rester au plus près des formulations et des intentions exprimées par les jeunes, sans en modifier le sens.

Bonne lecture ! 

Ce dont nous avons besoin

Nous voulons nous sentir écoutés et être pris au sérieux. Il ne faut pas minimiser les problèmes de harcèlement.

Nous avons besoin de pouvoir en parler avec un professeur formé à la prise en charge du harcèlement et qui ne nous jugera pas. Il faut construire la prévention en créant de réels espaces d’expression et de dialogue pour les jeunes. Ne pas avoir devant nous un adulte qui parle et n’écoute pas.

Il faut accueillir la parole des élèves sans jugement et lutter contre l’infantisme. Nous voulons pouvoir nous exprimer sans être jugés, avoir des personnes de confiance et créer des espaces d’écoute.

Nous avons aussi besoin de savoir à qui nous adresser. Les rôles de chacun doivent clairement être identifiés par les élèves.

Ce qui ne fonctionne pas

On en parle trop mais pas bien : les messages sont redondants et moralisateurs.

La prévention moralisatrice, la formulation des messages de prévention et les contextes qui ne favorisent pas l’écoute compliquent les choses. Le manque d’écoute et de participation des jeunes n’aide pas.

On nous donne parfois de mauvais conseils : « ignore-les », « fais un effort », « sois moins, sois plus… »

Les documentaires sont trop exagérés. La prévention arrive parfois trop tard ou il y a trop de prévention d’un coup. Les personnes relais ne sont pas toujours formées et sont parfois perdues comme tout le monde.

Les adultes ne prennent pas au sérieux le harcèlement psychologique. Ils ne réagissent qu’en cas de harcèlement physique ou en cas de racket. Quand le harcèlement n’est pas visible, il est encore plus ignoré.

Ce que nous proposons

Il faut sensibiliser au sujet des conséquences du harcèlement et définir le harcèlement avec des exemples concrets : comment reconnaître les situations de harcèlement ?

Nous voulons une meilleure visibilité des choses mises en place par l’école en termes de promotion du climat scolaire et de prévention face au harcèlement, ainsi qu’un réel suivi des initiatives mises en place.

Les élèves relais devraient être plus visibles grâce à des affiches avec leurs photos et être davantage formés. Il faut aussi plus d’implication du Centre PMS, mieux former les professeurs et les éducateurs, structurer les actions et faire des retours sur les activités.

Nous proposons de faire des ateliers en petits groupes, de construire des activités moins théoriques et d’organiser des activités ludiques entre les différentes années. Cela permettrait de favoriser le climat scolaire et d’aller plus facilement vers les élèves relais en cas de besoin.

Il faut créer une bonne ambiance, mieux se connaître, faire des activités tous ensemble, organiser des activités coopératives et avoir des endroits pour se calmer.

Il faudrait aussi créer des dispositifs pour pouvoir écrire ce qui pose problème ou ce qui blesse. C’est plus facile pour certains élèves.

Ce que nous attendons des adultes

Les adultes doivent être conscients de la pression scolaire et de la charge de travail des élèves.

Il faut poser un cadre et des règles pour favoriser le climat de classe, mais décider de ce cadre réellement ensemble et permettre aux élèves de le questionner et de l’améliorer.

Nous demandons aux adultes d’être ouverts d’esprit, de ne pas mettre tous les élèves dans la même case, d’accepter les différences et de ne pas tolérer en classe le racisme, le sexisme ou l’homophobie.

Il faut écouter davantage les besoins des élèves, prendre plus au sérieux les idées des délégués de classe, nous soutenir et ne pas être injuste.

« Ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse. »

« Nous ne sommes pas qu’élèves, nous sommes humains avant tout ! Avec un cœur et des problèmes. Nos professeurs devraient pouvoir le voir ! »

Témoignage collectif
Élèves de la province de Luxembourg
Récolte de parole – Climat scolaire 2025-2026 – CPJ 2024-2026

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