Cette approche repose sur une conviction simple : le numérique fait désormais partie de la vie quotidienne des enfants et des jeunes. Il ouvre des possibilités importantes en matière d’information, d’éducation, de participation, de liberté d’expression et d’accès à la culture. Mais il expose aussi les mineurs à des risques bien réels : violences en ligne, atteintes à la vie privée, contenus nuisibles, hyperconnexion, pressions sociales et logiques d’enfermement algorithmique.
Dans ce contexte, le Délégué général défend une ligne équilibrée : garantir les droits des enfants tout en renforçant effectivement leur sécurité. Cela implique de refuser les réponses simplistes à des problèmes complexes. L’avis du Délégué général s’oppose ainsi à une interdiction généralisée des réseaux sociaux avant 15 ans, jugée peu applicable, potentiellement discriminante et inefficace. Une telle mesure risquerait en outre d’encourager les contournements et d’exposer davantage encore les jeunes à des espaces moins régulés.
La responsabilité première doit être portée par les plateformes. Le Délégué général plaide pour une application rigoureuse du règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA), avec des obligations claires : sécurité dès la conception, protection par défaut, paramètres de confidentialité renforcés pour les mineurs, limitation du profilage, interdiction de la publicité ciblée fondée sur les données des mineurs, transparence des systèmes de recommandation et mécanismes de signalement accessibles.
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Le Délégué général rappelle également que la protection des enfants passe par la prévention, l’éducation aux médias, le renforcement du volet numérique de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS), ainsi que par un accompagnement éducatif continu. Éduquer, expliquer, outiller et associer les jeunes aux règles qui les concernent reste plus efficace que les interdictions pures et simples.
Dans un environnement numérique façonné par une économie de l’attention qui peut fragiliser les plus jeunes, le Délégué général défend donc une ligne constante : c’est au monde numérique de s’adapter aux enfants, et non l’inverse.
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